Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 20:42
 

BILAN DE LA RENCONTRE MULTIDISCIPLINAIRE A BANDIAGARA


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Cette année, c'est la deuxième fois que je partais rencontrer les lycéens et les professeurs de Bandiagara. Une deuxième chance aussi de revoir mes amis maliens et de découvrir un peu plus ce magnifique pays. Cependant, les différences avec le premier séjour étaient nombreuses.

 


Tout d'abord, l'équipe est passée de 6 élèves, 2 professeurs et 1 intervenant à 10 élèves, 4 professeurs, 1 intervenant et 1 toubabine. Une équipe plus grande, plus diversifiée et peut-être plus motivée. En tout cas, des personnes très enrichissantes, chacune dans son domaine, qui m'ont soutenue et beaucoup apportée en conseils, en amitié, en culture... C'est ce beau groupe français qui a permis la réussite des projets.

 

D'ailleurs, parlons-en, cette année, ce n'est pas qu'un projet cinématographique et une connexion Internet qui devaient être mis en place, mais un ensemble de 10 projets ! Tous étaient très intéressants et je regrette un peu de n'avoir pas pu participer plus activement à chacun d'entre eux.

 

    J'ai cependant fait partie de l'atelier cinéma franco-malien qui a très bien fonctionné avec une équipe malienne des plus enthousiastes à l'idée de faire du cinéma et de comprendre comment leurs séries TV, leurs films de karatés et autres feuilletons étaient créés.

Nous avons donc commencé par parler cinéma en regardant et discutant des films que Christophe DUPIN avait amené : des films d'atelier ou des documentaires africains. Il y avait notament « Partout, par là », le film que j'ai déjà réalisé en France sur ce projet de « Mémoires des Anciens », et qui était projeté devant les maliens pour la toute première fois depuis sa création. Nous l'avons d'ailleurs visionné et commenté en détails, ce qui m'a permis de justifier mes choix cinématographiques, un bon exercice pour me préparer aux questions de l'examinateur le jour de l'épreuve au BAC, sauf qu'à ce moment là, ils étaient 14 à m'interroger...


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Ce travail d'approche du cinéma nous a permis aussi d'apprendre à nous connaître, de se parler de nos différentes cultures et habitudes, une chose que j'ai faite plus librement que la première fois, car j'avais moins peur de poser des questions gênantes, connaissant un peu mieux la culture malienne et les maliens.




J'avais même envie que mes questions fassent se percuter ces différents points de vue sur la femme, la polygamie, la religion, les parents face à la sexualité de leurs ados, les vieux (au Mali, ce terme n'est pas péjoratif comme en France, au contraire), la famille en général et le mariage (des thèmes que nous allions aborder dans nos films), toutes ces questions qu'on se pose en se demandant : « Mais comment ça se passe là-bas ? »...Et pour mon plus grand plaisir, ils ont non seulement répondu à nombreuses de mes questions sur leur vie et leurs traditions, mais ils m'ont questionné sur ces mêmes sujets avec un grand intérêt et sans aucun tabou... Je remercie d'ailleurs Issa, Hawa, Haoussatou et Agaïcha pour ces belles discussions.

C'est avec ces quatre personnes que je ferais équipe pour la réalisation du film sur El Hadj Aboubacar Tembély, ancien menuisier, polyglotte (bambara, dogon, peulh, sonraï, français...), mari de deux femmes et père de 17 enfants. Une personne très intéressante que j'ai pris du plaisir à rencontrer et à filmer, bien que la barrière de la langue (sa maîtrise du français n'était pas suffisante pour toute l'interview) ait été un handicap pour moi.

 


J'ai donc eu le plaisir de faire partager ma maigre expérience de cinéaste (enfin quand même 3 ans avec M. DUPIN, ce n'est pas rien !) au cours de l'écriture, du tournage et un petit peu au montage même si ce fut plus chaotique. Je pense avoir plutôt réussi à transmettre l'envie et la technique au vu des initiatives qu'ils commençaient à prendre à chaque étape un peu plus et aux projets de films de l'atelier cinéma qu'ils ont promis de m'envoyer bientôt !



 







IMGP2402IMGA0817.JPGUne expérience très enrichissante pour moi qui ai commencé à toucher au cinéma semi-professionel à Bandiagara en 2008 et qui depuis, continue à réaliser des films tournant toujours plus ou moins autour de cet échange.



























J'ai aussi participé pendant deux après-midi à la création du journal et à la formation Internet. Il faut savoir que seuls 5 ordinateurs étaient disponibles pour ces deux activités, et donc, que l'une et l'autre étaient souvent liées. Je n'ai pu écrire qu'un article sur le travail de l'atelier cinéma franco-malien à Bandiagara et reprendre l'idée d'un roman-photos que nous avions eu pour « Le lycéen déchainé », le journal du lycée Jean Monnet. Malheuresement, nous n'avons pas eu le temps et peut-être que l'inspiration manquait aussi pour ce dernier projet. Il n'est cependant pas abandonné et « Les toubabs au Mali » sortira peut-être en BD.

 

J'ai aussi contribué à relire et corriger certains articles et j'ai bien sur participé à la séance photos « grimaces » avec tous les gens du journal à la fin du stage, discipline dans laquelle je me suis plutôt bien défendue...

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J'ai aimé participer à cet atelier car il nous a tous permis (français et maliens) de découvrir ou de redécouvrir Bandiagara, d'un oeil nouveau de journaliste reporter. Je n'ai malheuresement pas pu participer à leurs nombreuses excursions de découverte (centre de médecine traditionnelle, visite à la mairie, dans les rues pour contempler l'architecture...) mais les articles donnent envie d'en savoir plus ! Je trouve aussi incroyable qu'une petite équipe motivée ait réussi à créer le premier journal de l'histoire de Bandiagara, et je suis très fière d'avoir fait partie, pendant quelques heures grapillées par ci par là, de ce moment historique.


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Ensuite, j'ai montré le travail des équipes des expériences filmées aux professeurs de sciences qui étaient très contents des vidéos réalisées mais qui avaient du mal à voir comment ils pourraient les utiliser avec des classes si nombreuses, des moyens techniques pas tout à fait au point et des heures de cours décomptées... Les deux professeurs de physique-chimie nous ont fait visité leurs deux salles de « TP », qui à mon avis, ne sont pas les plus utilisées de l'établissement et nous ont montré le matériel qui pourrait leur servir à faire des expériences, s'ils avaient de meilleures conditions.

Tout d'abord, le matériel de physique.

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Puis, les deux professeurs de biologie nous ont rejoints, car là-bas, chimie et biologie sont « associées ». De plus, ils sont très intéressés par l'échange franco-malien et ces quatre professeurs très motivés aimeraient qu'ils y aient plus de projets scientifiques grâce à Bandia-Monnet. Petite annonce aux professeurs et préparateurs en sciences au lycée Jean Monnet !








L'ensemble des produits chimiques du lycée !! (pour SVT et chimie)
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Les quatre professeurs de sciences du lycée 

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Nous avons ensuite discuté des programmes, des besoins et des projets éventuels... J'ai fait un compte rendu détaillé et donné de nombreuses photos à Pierre-Yves Manceau, professeur de physique-chimie au lycée Jean Monnet et Directeur de la banque de vidéos d'expériences filmées !


Cette année, l'autre "nouveauté" est mon statut dans l'association. En effet, je suis présidente depuis le début de l'année, un rôle qui me tient à coeur et m'apporte beaucoup. Un titre qui a peut-être une importance plus grande au Mali qu'en France... J'ai eu l'impression de pouvoir discuter plus sérieusement avec les professeurs et le personnel de l'administration qu'auparavant, que mon avis avait plus d'importance. J'ai aussi appris à présenter notre projet le plus clairement possible et à répondre aux questions des élus locaux.
Enfin, cet engagement me rappelle aussi qu'il ne suffit pas d'avoir des responsabilités ou de prendre des décisions, mais qu'il faut les tenir et les assumer jusqu'au bout. Mais je ne retiendrais de ce rôle de présidente au Mali, que des côtés positifs, surement parce que j'ai été épaulé, aidé, par une super équipe franco-malienne de professeurs et d'élèves.

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Ah si ! J'oubliais ! Ce statut a aussi des avantages commerciaux, on ne peut rien refuser à une gentille présidente qui est dure en affaires !

Mais ce que je retiens de ce voyage n'est pas seulement pédagogique, c'est tellement plus.

Bilan-Cecile 3379Bilan-Cecile 3372Bilan-Cecile 3352Un départ, on a déjà chaud, des rires, du bus, une alerte, une bombe, Camille ?, une guitare, Pierre, des spectateurs, on s'amuse, du froid, survol de Paris, lumières, enfin, le retour, ce pays, me reconnaîtront ils ?, ai-je changé?, tarmac, terre, valises ocres, lampes frontales, petit déjeuner, endormis, découverte, premiers moustiques, premières Bilan-Cecile 3388Bilan-Cecile-3405.JPGBilan-Cecile-3441.JPGphotos, malarone, une tablette de chocolat raisins/amande offerte (ils s'en rappelleront  : C'est vous mademoiselle qui nous avait offert ce chocolat la semaine dernière? Merci encore), c'est rare là-bas, mais tellement bon... Ca y est, c'est l'heure du départ vers Bandiagara, j'ai l'impression de reconnaître la route, je retourne à un endroit que j'aime, je ne Bilan-Cecile-3471.JPGBilan-Cecile-3489.JPGBilan-Cecile-3507.JPGdirais pas que j'ai l'impression de retourner chez moi en Afrique, ça facherait ma maman parce que mon chez-moi, c'est en France, avec ma famille, dans cette réalité. Cette impatience, cette arrivée, la route de l'auberge, les ânes, le Yamé, tous ces souvenirs qui remontent à la surface, je pense à vous en France, Karine, Victor, Maëva et Rizlène. Et Bilan-Cecile-3531.JPGBilan-Cecile-3537.JPGBilan-Cecile-3541.JPGpuis, l'envie de montrer, de redécouvrir, Rizlène, notre chambre a changé, les odeurs sont les mêmes, le patron et les Djinos aussi, y'en a des nouveaux à l'ananas ! Ensuite, tout va très vite : le lycée, les visites proto-colères (petit clin d'oeil à quelqu'un qui se reconnaîtra), les revoir, enfin, câlins, nouvelles, rencontres, comme si rien n'avait changé, ah si : "Tu as grossi Cécile !", Bilan-Cecile-3686.JPGBilan-Cecile-3697.JPGBilan-Cecile-3750.JPGj'avais oublié cette sincérité, chaleureux et sincères. La semaine s'écoule au fil des projets, des rencontres, des aventures, des achats, cheichs, pick-up, cacahuètes, souris, douche froide (Hein Mélanie?), lessive, chaleur, problèmes de connexion, tensions, chansons, méditation, projections, bananes, Diago, ciel étoilé (je parle pas du semblant de ciel avec 12 étoiles qu'on voit en France quand il n'y a aucun nuage, aucune lumière et qu'on a le temps de lever la tête, non, là, c'est un truc immense, une toile Bilan-Cecile-3769.JPGBilan-Cecile-3770.JPGBilan-Cecile-3785.JPGqui recouvre tout et il y a autant d'étoiles que de mots dans ce compte-rendu, beaucoup, beaucoup), motos, tongs, papayes, préparation de l'escapade matinale de CNNLive du dimanche, frites, super Aïcha, des ballons, El Hadj, articles, thé, problèmes de Mélanie, photos, sans oublier Papa et Vié. Et puis le week end est arrivé, Sangha, j'y retourne, on peut descendre la falaise Bilan-Cecile-3794.JPGBilan-Cecile-3805.JPGBilan-Cecile-3820.JPGcette fois, et je suis plus attentive aux explications, bien que j'explique aussi ce qu'on m'a appris deux ans plus tôt, fatigue, chaleur, la remontée est dure, on me verse une demi-bouteille d'eau sur la tête, et mon tee-shirt blanc... Qui est plutôt ocre d'ailleurs. On dit non aux vendeurs, aux enfants, et on craque finalement pour une petite tortue en bois, un collier ou une porte dogon... Et puis on partage, les fruits de baobab, les boissons du midi, les mangues, des vues magnifiques, et des explications sur ce pays, sur leur pays qu'on découvre parfois autant qu'eux. Et cette Bilan-Cecile-3871.JPGBilan-Cecile-3922.JPGBilan-Cecile-3976.JPGjournée sera aussi marquée par toutes ces chansons, Cocorico Monsieur Poulet, Elle descend de la montagne, Pour l'Afrique et pour toi Mali, Anglo Ma, Ouvrez les frontières, J'ai attrapé un coup d'soleil... Puis Mopti nous attend, on marchande, on marchande, on marchande, qu'est ce que j'aime ça, j'me retiens en arrivant à la caisse en France, Bilan-Cecile-4041.JPGBilan-Cecile-4057.JPGBilan-Cecile-4094.JPG"Roooh allez ! C'est trop cher ! Si j'te prends 6 yahourts, tu m'offres une banane". Enfin, si j'ai la chance d'avoir une caissière à qui parler... Le commerce, entre ici et là-bas, on peut pas comparer... On voit Mounirou et la pinasse sur laquelle on passera trois jours et à table, le capitaine (poisson) est le bienvenue ! Retour à Bandiagara. Reprise Bilan-Cecile-4186.JPGBilan-Cecile-4180.JPGBilan-Cecile-4251.JPGdes activités. Début du montage, de la galère pour moi, la traduction est compliquée et le temps manque. Je prends quand même le temps de rencontrer la famille d'Abdoulaye, une rencontre que j'ai aimé, des gens formidables, quelque chose de fort. On a pu goûter le thô (purée de Mil) traditionnel grâce à eux. Un moment unique a aussi été le baptème de Bilan-Cecile-4281.JPGla fille de Bilan-Cecile-4299.JPGBilan-Cecile 4348Mahamadou Daou ! Ils nous ont accepté comme si on était de la famille et nous avons partagé un moment très important pour eux. La fin et les au-revoirs arrivent déjà. Cette soirée d'Adieu, cette poisse technique, ce spectacle, ces remerciements, ces danses, Le Village (la discothèque locale), cette viande, cet échange de vêtements avec Bilan-Cecile 4458Bilan-Cecile 4495Bilan-Cecile 4541l'ambianceuse, ces cadeaux...et ces adieux, dernières photos, derniers câlins, les larmes ruissellent sur les visages sur les visages des français autant que sur ceux des maliens. On se dit Au revoir ! A bientôt ! et on part finir sa valise et dormir le coeur lourd. C'est déjà fini, on a rien vu passé, c'était trop bien pour être vrai. Départ pour le Niger, ils Bilan-Cecile 4561Bilan-Cecile 4592Bilan-Cecile 4641sont venus pour le dernier matin, on savoure leur présence, ce dernier petit-déjeuner dans ce cadre exceptionnel, avec la confiture de mangue, de goyave et de papaye et le pain de l'ami de Jean-Louis, Dédé Bourou. Le taxi de Papa surmonte tous les obstacles, franchit les rivières et nous éloigne peu à peu de nos amis. Ces trois jours de pinasse, ça a été des Bilan-Cecile-4664.JPGIMGP2434.JPGIMGP2461.JPGpaysages magnifiques, de l'eau, des pieds, des siestes, des baignades, des rires, de la nostalgie, des courses sur les dunes, des hippopotames, des feux de camps, des histoires de Mounirou, du poisson, du soleil, des chansons, de la pêche, un cours particulier avec Christophe mémorable : "Tu vois Cécile, la pêche, c'est comme le Taïchi, tu es sous l'eau, tu vois le poisson, tu sens le fil, tu le sens tirer sur le fil le poisson ?", des rires, un gros plouf, dommage pour les photos dossiers truqués, de la soupe, du Kiriiiii, des villages, des "Toubabs Bidons !", des lavages de cheveux IMGP2451.JPGpar dessus-bord, de dents aussi, Léa, des lettres, des malades, lecture et musique, des pensées pour vous dans le froid, des coups de soleil, Biafine, des vers, des chèvres intéressantes (oui, je parle aux chèvres), des cailloux, des mosquées, des enfants, des vies tout autour de nous, qui existent grâce au Niger.
Puis le retour. Dernière soirée. Pas la plus gaie. Derniers achats, et confitures, douanes, des italiens préssés et extrèmement polis, attente, dernier pas sur ce sol rouge, il fait encore chaud. Décollage. Deuxième départ, je connais ce sentiment, il va me rester un peu, puis s'atténuer, mais les souvenirs resteront.

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J'avais déjà vécu ce choc de deux mondes opposés, d'un côté le rêve,le soleil, l'amitié, le Mali et de l'autre la réalité, notre hiver, notre stress, notre tristesse, la France quoi...
J'ai gardé mon chagrin à l'intérieur et mis un sourire sur mon visage. Pour mieux consoler ceux pour qui c'était difficile de s'imaginer retourner à leur vie d'avant. Parce que oui, il y a un avant-le-Mali et un après-le-Mali. Ce voyage, on en sort forcément grandi et changé. En tout cas, je suis heureuse d'avoir pu faire partie de ces deux voyages inoubliables (puisque je ne peux pas employer le mot "unique"). Cette chance d'échanger trois ans de suite avec le même lycée, quelques élèves et quelques professeurs... Je me rends compte que ça fait maintenant deux ans que j'ai rencontré Noël Saye et qu'à raison de deux semaines par an, nous avons passé un mois et demi ensemble ! Un échange assez incroyable, nous nous retrouvons à chaque fois comme si on ne s'était jamais quitté. Ce fut le même bonheur pour moi de revoir ce pays, cette ville et ces lycéens que de les découvrir il y a deux ans. Et je sais que j'y retournerai un jour, et ça, ça aide à garder le moral.

Merci d'avoir lu jusqu'au bout, j'me suis rattrapée de n'avoir pu vous raconter ce qu'on vivait en direct. Et j'avais cependant besoin de prendre du recul, et non d'écrire tant que "c'était chaud". Je n'ai rien oublié de ces deux semaines, de ce mois de ma vie que j'ai eu la chance de passer à Bandiagara du haut de mes pas-encore 18 ans.

"Je ne  vous oublie pas, non jamais, vous êtes au creux de moi, dans ma vie, dans tout ce que je fais... Mes premiers amours, mes premiers rêves sont venus avec vous, c'est notre histoire à nous..."

 

 

 Cécile.

Par Bandia-Monnet
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 21:48

Compte rendu de la rencontre multidisciplinaire de Bandiagara 2010

 

C’est toujours difficile de faire un compte rendu, mettre des mots sur une si intense expérience, et essayer d’écrire alors que aucune phrase ni paragraphe ne pourra traduire ce que nous avons vécu là-bas. Un bilan ne traduit que l’aspect concret, alors que dans voyage au Mali, le changement, l’important, se passe davantage au niveau des sensations et des sentiments. Personnellement, plus que d’être difficile, faire ce compte rendu me déplait, non pas par flemme ou par désintérêt mais parce je ne veux pas ordonner les souvenirs que j’ai de ce voyage. Le changement que m’a influer ce séjour me semble personnel et il me déplait d’exprimer cela dans ce compte rendu… Pourquoi ne raconter que les actions, et dans l’ordre ?  Pourquoi traduire un voyage de façon si formelle ? Alors je ne ferai pas de paragraphes, ni de phrase, juste des mots pour traduire un ensemble qui me vient lorsque j’entends « Mali »…

Dynamisme              chaleur             ateliers             ambiance             maliens       cinéma      Issa   Sorry                         Cumba          Haoussatou       Bandiagara           Jean Monnet      lycées                   projets              travail             tournage                Benjamin              Cécile Arou             Madina                films      Christophe       Anouck            projections            informatique → problèmes                         «la mémoire                          historique et la colonisation»              Camille               Cécile             Maud                « mémoire de la famille »                    El Haj Boubacar TEMBELY                          Sékou Mahim TAL                                           Housmane GANAME               CDI           Anne-Marie                mémoire des anciens     vieux théâtre             Hawa               Jean-Louis       « le coq est mort »              journal        trombinoscope             Nouhedi             ambiance !            Bastien             Mélanie             Hélène              Pierre            Nowel             PC…                     Thibault            séjour                        Mahamadou                                              Yasirou            voyage            sentiments               séparation               dure…            souvenirs             choc… nostalgie              manque                  bilan…           

 Ce voyage au Mali m’a vraiment grandement apporté intérieurement. Nous avons vu là-bas que nous sommes utiles au niveau matériel, et qu’ils attendent beaucoup de nous au niveau du savoir technologique. Il nous faut continuer notre action pour continuer à faire évoluer les mentalités, pour les lycéens, l’idée d’un toubab est une bonne idée… Pour nous, « vieux » reste péjoratif… Ce ne sont que des exemples mais ils pourraient être nombreux. Il est indispensable que les échanges internationaux continuent pour une limitation des inégalités, le Mali et l’ambiance à Bandiagara me paraissent désormais le meilleur choix. Le contraste entre leur développement matériel et leur joie et chaleur nous font comprendre que nous avons sans doutes plus à gagner qu’eux dans cet échange.

 

QHI
Par Bandia-Monnet
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 16:17

ATTENTION PROJECTIONS !

En avant-Première !

 

Les élèves de l’Atelier Cinéma du lycée Jean Monnet,

 les associations Terra Ceramica et Bandia-Monnet,

ont le plaisir de vous inviter à la projection des travaux réalisés au cours du premier semestre

le samedi 13 mars à 15h

 Galerie Souterraine du Musée Ephémère Poirrier

(14 rue Jacques Poirrier, Quartier de La Rabière,

 à 500 mètres du lycée Jean Monnet, Joué-lès-Tours)

 

 

Programme :

Mémoire de l’Histoire, Mémoire de la Famille

Cinéma Documentaire

 

I-Partie : les films réalisés en France

15h00 :

 « Deux ou trois fois par an, les assassins fêtent leurs victimes »

(  Jean Riant, photographe, travaille sur les monuments aux mort. 14mn)

 « Partout, par-là »

 (Mémoire d’un agriculteur à la retraite.8mn)

 « Mémoires d’Algérie »

(La guerre d’Algérie par des pieds noirs et des métropolitains. 11 mn)

« Devine qui vient parler ce soir ? »

(La création d’une radio libre clandestine en 1979. 17mn)

 

II° Partie : les films réalisés au Mali

16h00 

«Housmane Ganamé, Sékou Mahine Tall et El Haj Boubacar Tembely: mémoires de  trois vieux hommes de Bandiagara »

(à propos de l’évolution de la famille, du mariage et de la colonisation. 23mn)

 

III° Partie : projet vidéo

16h30 « Sala’Mali Cam »(52mn) et « Mali’Cam Salam »(41mn)

 30 secondes pour se saluer, improviser, répondre à une question sur sa vie… 

 

Après-midi organisée en collaboration avec l’Association Bandia-Monnet qui présentera les projets réalisés lors de la Rencontre à Bandiagara, des photos et des surprises !

Par Bandia-Monnet
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 22:17

 

Après un premier voyage dans ce pays où les normes et les valeurs sont tellement différentes, ce pays qui me marquera à vie, j'ai eu une la chance de pouvoir y retourner. Certaines ethnies, comme les Dogons diront que ce sont les anciens qui l'ont voulu, car « Bandia-gara » signifie dans leur langue : « nous y retournons sans le vouloir ». Je crois que cette formule Dogons aura de nouvelles occasions d'être prouvée…

 

Notre séjour commença au Ma-kan Té, dans une auberge à Sévaré, prés de l'Aéroport de Mopti-Sévaré, à 4h - la température était déjà très agréable, environ 35°C d'après le pilote de l'Airbus - et, il se terminera 15 jours après, dans la même auberge. Quinze jours intenses, incroyables, enrichissants, fantastiques, ce pays dont les traditions, la culture et l'art de vivre sont trop peu connus et tellement riches ! 

Nous sommes restés 10 jours à Bandiagara où nous passions la plupart de notre temps au lycée. Nous y avons été très bien accueillis. Ce fut, pour ma part, mon deuxième voyage dans cette ville, et leur chaleur humaine m'a encore agréablement surpris. Nous avons réalisé plusieurs projets: cinéma ; théâtre (2 représentations théâtrales dont une créée par le groupe Français et des lycéens maliens) ; un atelier journal auquel j’ai participé et l’organisation du CDI.

 

Toutes ces activités sont parvenues, en grande partie, à honorer les objectifs fixés,  avec une véritable satisfaction de la part des lycéens Français et Maliens. La Partenariat Bandia-Monnet a eu un rôle moteur lors de ce séjour et l'enthousiasme du coté Malien, que se soit l'administration, les professeurs ou bien les élèves, nous a réellement touché et nous a encouragé à continuer dans cette voie... 

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                       Falaise de Bandiagara

 

 

 

Nous avons pu observer l’amitié sincère qui nous lie et le bonheur de travailler ensemble. Nous nous sommes transmis, échangé un savoir : pour l'un, l'aspect technique avec l'utilisation des nouvelles technologies telles que l'ordinateur, la caméra, le dictaphone (…) et pour l'autre, le savoir-vivre ensemble, leurs cultures (…). Nous sommes tous sortis grandis par ce voyage et cela nous aiderai forcement que ce soit dans notre vie professionnelle ou sociale. L'authenticité de ce pays est si frappante qu'il nous déséquilibre dans notre opinion et notre façon de penser. Le retard dans le développement est évident, nous y avons été confrontés tous les jours lors de ce séjour : cela nous  a fortement déstabilisé. Leurs liens familiaux et amicaux sont tellement forts contrairement à ceux en Europe, la solidarité est tellement puissante au Mali, que cela ne peut que nous rendre envieux. 

 

 Est-ce l'argent qui détruit ou atténue tous ces liens et les valeurs fondamentales d'un individu?

 

Nos sociétés sont différentes en raison de leur histoire, leur économie, leur situation géographique, mais je pense que nous avons besoin de l'une de l'autre pour pouvoir se développer harmonieusement. 

En bref, notre séjour a été extrêmement riche de tous points de vue avec des rencontres extraordinaires, des paysages à « couper le souffle », une ambiance à la fois de travail et de plaisir. Une vraie réussite sur tous les points de vue avec une croisière de 3 jours sur le Niger pour bien finir ce périple dans le pays Dongon.

 

 

 

Merci pour ce Voyage 


Bastien.

 

 

 

 

 

Par Bandia-Monnet
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 18:14
Alors par où commencer ..

Ce bilan n'est pas facile à écrire..
  Oui c'est un bon début ça, ça installe déjà l'idée que ce que vous allez lire n'est pas réellement ce que je veux dire car - et comme tout le monde je suppose - depuis mon retour tout les jours on me demande comment c'était là bas, si les Maliens étaient sympas et ce que je retiens de ce voyage.
Et bien je pense que je vais sûrement répéter ce que tout nos toubabs ont déjà dit, on ne peut pas mettre des mots sur ces sensations et nos souvenirs, vous retranscrire nos actions ne posera sûrement pas de problème - quoique - mais vous détailler ce que ce voyage a changé en nous, ce qu'il nous a fait réellement découvrir je crois que pour le moment, c'est impossible. Il faudra du recul pour réaliser le changement entre la période avant-Mali et la période après-Mali.
Alors commençons donc par le commencement, est bien le premier travail commun a été la création de ce fameux journal - qui se déroulait en même temps que la formation informatique, j'en garde de très bons souvenirs car ça a été un moment de grand partage avec certains Maliens et de plus grâce à Nouhedy nous avons réussis à rentrer un peu partout, visitant par ci par là une maison traditionnelle, un chantier tout beau tout propre et parcourant la ville à la recherche d'informations intéressantes.
  Tout ça nous a permis de voir un peu plus que ce que l'on peu aperçevoir de l'extérieur, hors des murs de leurs vies, car ce que nous partagions au lycée n'était pas le quotidien de la plupart des habitants de Bandiagara et voir ce qui ce cachait derrière leurs poignées de mains m'a permis de comprendre bien mieux d'où pouvait venir leur chaleur, leur chaleur humaine.
Mais ce n'est pas tout car en parcourant les rues emplies de poussières nous avons aussi découvert d'ingénieuses prouesses comme leur manière si singulière d'étendre leur linge, et leurs sourires d'enfants si pratique pour nous soutirer quelques photos.
  Je suis peut être un peu déçue de ne pas avoir participé à l'aboutissement de ce projet mais devant le peu de temps que nous réservait les journées j'ai fais le choix pour la deuxième semaine d'aller travailler au stage théâtre lorsque Alain Papillon est arrivé.
Le stage théâtre fût mon deuxième "gros" projet et je crois que ce sont les moments où je me suis sentis vraiment proche de certains lycéens car pendant ces quelques jours nous avons partagés notre enfance, nos souvenirs et puis nous en avons aussi profité pour créer les nôtres, qui sont encore tout frais de rire.
Bien sûr pour répondre à leur spectacle de théâtre si rythmée nous avons travaillé toute une journée, entre Français, pour pouvoir le soir venir au lycée leur présenter un petit bout de notre passé, pas si glorieux que ça. Ce spectacle m'a permis de faire la différence entre nos deux façons de vivre. Car il suffisait pour celà de comparer le spectacle Malien au nôtre, deux façons de jouer, deux façons de mettre en scène, deux apprentissage sûrement et ces deux façons de jouer d'un côté si vivante et de l'autre si sérieuse - il faut l'avouer - on a pu les retrouver dans notre spectacle commun.
Pour ce spectacle il ne me vient que quelques brêves images, celles d'une danse avec Oumou et Noël, d'autres de rire avec Hassinatou qui prenait un malin plaisir à égorger Pierre, quelques sourire aussi à voir Domo et Abdheraman s'évertuer à imiter la mer et d'autres moments comme ceux où nous pouvions voir une foule de gamins s'étendre devant la scène pour nous regarder.
Ce spectacle à signifié la fin de ce partage avec tous, car après ce spectacle les petits Français on fait leurs bagages pour filer à bord d'une pinasse, une belle pinasse qui navigua pendant 3 jours sur le Niger, parfois accompagnée par des sirènes bien chevelus, parfois par quelques intrépides pêcheurs blancs et à d'autres instants par le bruit si délicat de sois disantes grenouilles ..
  Bref je garde de ce voyage tout ces petits moments qui laissent dans ma tête des morceaux de mémoires et encore aujourd'hui malgré le retour je retrouver parfois quelques odeurs du Mali, le Mali qui fut et qui reste mon pays, je suis une toubab malienne et vraiment fière de l'être.

Il n'y a pas de doute que j'y retournerai que ce soit dans vingts ans ou demain dans quelques rêves qui me rameneront au bord d'une falaise, sentant dans ma main les minuscules doigts d'une jeune enfant ..


"Je me souviens d'une soirée au lycée de Bandiagara, quand l'électricité a fuit la ville entière pendant quelques minutes et que allongeais au sol j'ai découvert pour la première fois que l'immensité du ciel n'était pas remplit que de vide ."


Par Bandia-Monnet
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